Pourquoi créer une encyclopédie des affaires visant Rachida Dati ?

Wikidati.fr est un projet citoyen ayant pour objectif la diffusion des informations sur les “affaires” visant Rachida Dati auprès des citoyennes et citoyens de la ville de Paris, alors que cette dernière y est candidate aux élections municipales. En effet, si le grand public a généralement la connaissance de l’existence d’accusations graves la visant, il reste difficile de s’y retrouver parmi ces dernières tant le nombre d’articles de presse consacrés à ses affaires est grand et parfois uniquement accessible aux abonnés. Wikidati propose de synthétiser et partager largement le remarquable travail d’investigation mené ces dernières années par des journalistes, mais aussi par des ONG ou lanceurs d’alerte, qui ont dû subir en représailles des procédures-baillons initiées par Rachida Dati pour les faire taire.

Si Rachida Dati réussit jusqu’à présent à esquiver toutes les conséquences politiques des accusations qui la vise, c’est grâce à la logique très particulière qui dirige le champ de la responsabilité politique, très différente de la logique de la responsabilité pénale. Par exemple, si on compare sur le plan pénal la situation d’Eva Kaili, ex-vice-présidente du Parlement européen impliquée dans le Qatargate, et celle de Rachida Dati, il n’y a aucune différence de nature. Les deux sont soupçonnées d’avoir obtenu des pots-de-vin, jusqu’à 878 355 euros pour Eva Kaili, jusqu’à 3,1 millions d’euros pour Rachida Dati, en échange de décisions publiques favorables en tant qu’eurodéputée. Pour Eva Kaili, cela aurait bénéficié au Qatar, au Maroc et à la Mauritanie, pour Rachida Dati cela aurait bénéficié au Qatar, à l’Azerbaïdjan, à Engie, à Renault-Nissan et à Orange. Les deux bénéficient de la présomption d’innocence dans l’attente de leur procès. Pourtant, Eva Kaili a été déchue de sa vice-présidence dès le lendemain de la perquisition de son domicile en décembre 2022, tandis que Rachida Dati a été perquisitionnée 3 fois depuis 2019, et promue dans le même temps au Gouvernement. En réalité, la seule différence entre ces affaires est visuelle : une photo de valise de billets est bien plus choquante pour l’opinion qu’une photo de facture d’avocat.

Il existe également une autre grande règle informelle du champ politique : plus les accusations sont graves et complexes, moins elles ont de conséquences politiques car il est plus facile de brouiller les pistes auprès du grand public. Par exemple, en 2019, le ministre de la Transition écologique François de Rugy a été contraint politiquement à la démission du Gouvernement suite à “l’affaire des homards” alors même que cette dernière ne donnera lieu à aucune procédure judiciaire et que les montants en jeu étaient relativement faibles (1800 euros). Cette démission est à mettre en perspective avec le maintien au Gouvernement de Rachida Dati en 2025 malgré l’annonce de son renvoi en procès en septembre 2026 où elle sera jugée notamment pour délit de corruption et trafic d’influence, avec un potentiel pot-de-vin perçu d’un montant de 900 000 euros dans cette affaire Renault-Nissan. Et il ne s’agit que d’une procédure judiciaire parmi les 5 qui la visent actuellement.

Si Rachida Dati bénéficie évidemment de la présomption d’innocence sur le plan judiciaire, il est important de rappeler que sur le plan politique, chaque électeur et électrice est libre de prendre en compte dans sa décision de vote des accusations étayées qui remettent en cause la probité et l’éthique d’un candidat ou d’une candidate, même en l’absence de condamnation judiciaire définitive.

Enfin, d’autres affaires relevées par Wikidati n’ont fait l’objet d’aucune procédure judiciaire pour l’instant. Mais elles sont mentionnées car elles remettent en cause directement l’éthique personnelle de Rachida Dati, souvent en totale contradiction avec les combats politiques qu’elle prétend incarner.

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